09 novembre 2006

De l'état naturel de l'être humain

La peur de l'autre, la peur de l'inconnu nous viennent de la nuit des temps.

Il est naturel de voir l'autre, l'inconnu, l'étranger comme un danger potentiel pour soi, pour ses proches, pour son habitation, pour son territoire... quand on vit en tribu dans des cavernes et quand le nouveau venu peut tout aussi bien être un tigre au longues dents (je ne connais pas le nom scientifique), qu'un prédateur vaguement humanoïde assoiffé de sang et de nourriture.

Ce qui caractérise l'humain, c'est sa capacité à être humain. Et il doit en faire la preuve. Pour résumer, l'humain doit se dépasser, combattre sa nature, son état naturel pour être humain. C'est là, l'origine de la parole, de l'histoire, de la culture, des sociétés, de l'humanité. Et celui qui n'arrive pas à se faire violence pour combattre son état naturel n'est pas tout à fait humain. Tout au plus est-il un humanoïde qui cherche à survivre : un être préhistorique.

Le raciste, le xénophobe, le dictateur, le fasciste est un être préhistorique! Il a l'usage de la parole et il a vaguement appris à vivre en société mais il a abandonné toute volonté de rejoindre l'humanité, il ne sert que ses intérêts propres et ceux de sa tribu. Il fait généralement référence à la société uniquement dans le but de faire la preuve qu'elle ne le protège pas lui et son clan mais ses "agresseurs". Il montre ainsi, une nouvelle fois, son inaptitude à rejoindre ses semblables, puisqu'il n'est pas "l'animal social", comme dirait St-Antoine qui ne savait comment traduire en latin l'expression grecque "l'homme est un animal politique" d'Aristote, et encore moins "l'animal politique".

Pour être un humain, l'homme doit le devenir en combattant son état naturel d'animal, ainsi sa nature devient culture.

2 Comments:

Augustine de Kervalec said...

Intéressant cette vision de l'homme comme animal qui se socialise. Ca me fait penser aux enfants par exemple qui se socialisent au fur et à mesure, tout d'abord dans la famille ensuite l'école et puis d'autres cercles sociaux. les enfants sont parfois cruels c'est au fur et à mesure qu'ils apprennent à vivre avec les autres. Et c'est là aussi qu'intervient beaucoup les pensées même des parents et de l'entourage. Et je pense aussi que c'est pour ça que l'école a toujours été le point sensible dans les politiques quelqu'elles soient.

Maria-Dolores said...

Bonjour (et, je ne crois pas l'avoir encore fait : bienvenue sur la route),

Pour les enfants, je suis entièrement d'accord (les "expériences" de A. S. Neill à Summerhill http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_Summerhill ou de Freynet ou F. Deligny montrent bien cette socialisation et ses mécanismes) et c'est pourquoi, il faut être très attentif aux réformes de l'Education Nationale qui peuvent rapidement tourner au "bourrage de crâne" et la propagande.

Pour l'homme, au-delà de cette "socialisation primaire", il me semble que la caractéristique principale ou primaire, c'est d'abord l'organisation de la cité. Aristote parle bien de l'homme comme animal politique et non pas social. C'est l'usage de la parole, pas du langage, qui est la caractéristique humaine, ainsi que l'empathie mais, là, c'est une autre histoire...

a+

 

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